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Théorie de la communication

 

Les enjeux de la communication

Pour gloser sur la figure mythique la plus formidable que l’Occident ait créé, on peut dire que l’homme, grâce au feu, est devenu un géant technologique mais qu’il demeure un nain politique.

Les hommes dominent la nature mais ils n’ont pas encore appris à vivre ensemble et à communiquer.

Tout se passe donc comme si après Prométhée (qui nous a offert le feu) nous étions encore en attente de ce dieu qui symbolise l’échange, le commerce et la communication : les Grecs l’appelaient Hermès, les Romains Mercure.

En termes plus savants, on peut dire avec Habermas que l’humanité moderne a développé une rationalité stratégique (dans son rapport à la nature) au détriment d’une rationalité communicationnelle (qui concerne les rapports des hommes entre eux).

On mesure ainsi l’importance considérable du rôle que les Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) ont à jouer à l’orée du XXIe siècle.

 

La Théorie de l’information

Théorie = représentation : la théorie s’oppose à la pratique
Information = in-formation

Les idées :

  • L’information est transmise de manière linéaire
  • L’information est quantifiable.

Les limites :

  • La communication n’est pas l’information
  • La représentation technicienne est réductrice (parce qu’elle fait abstraction du sens)
  • L’information est réduite au signal.

Les applications :

  • Messages Types
  • Normes langagières
  • Langages informatiques.

Les mots clés :

  • Signal, bruit, émetteur, récepteur, message, canal, transmission, redondance.

Les auteurs :

  • Claude SHANNON, (Américain, 1916)
    Théorie mathématique de la communication (avec Weaver)
  • Waren WEAVER, (Américain, 1896/1978)
    Théorie mathématique de la communication (avec Shannon)

Leurs théories

La théorie de l’information est née des préoccupations techniques des ingénieurs de la télécommunication qui voulaient mesurer l’information et étudier à quelle loi elle est soumise (bruit, entropie, chaos).
Le mot " information " a 2 sens. L’un étymologique : informer c’est donner une forme à une matière, organiser ; l’autre plus courant : c’est communiquer un message, une connaissance

Schéma de Weaver

Schéma de Weaver
Ce schéma sera ensuite repris par le linguiste Jakobson.
Ce modèle est centré sur la théorie du traitement de l’information. Il s’agit d’un système mécanique puisqu’il a été élaboré pour les besoins des laboratoires Bell. Ceux-ci voulaient savoir comment une source d’information pouvait apporter un message à une destination avec un minimum de distorsion en dépit des interférences.

Pour définir l’information Shannon et Weaver se basent sur le 2e principe de la thermodynamique (science des machines à feu) énoncé par Carnot : " dans un système physique, l’énergie tend à se dégrader ". Par exemple lorsque l’on met de l’eau chaude dans une baignoire qui se trouve dans une salle de bain froide, au bout d’un moment celle-ci sera tiède mais l’eau du bain aussi. Le tout devient homogène, indifférencié, cela mène à la mort du système, à l’entropie (en thermodynamique principe qui décrit le degré croissant de désordre dans le fonctionnement d’un système ; en communication, degré d’incertitude).

L’information, elle aussi est soumise à l’entropie. Mais, en même temps elle est une lutte contre l’entropie puisqu’elle consiste à imposer un ordre à un message. En effet celui-ci obéit à des règles syntaxiques et lexicales.

De même les machines subissent un échauffement. Il y a donc des parasites que l’on nommera " bruit ". Pour corriger ces bruits on utilise la redondance. En communication écrite ou orale, on usera de répétitions de la phrase, des mots clés, de sur lignages, de gestes, de différence dans le ton de la voix.

Mais la redondance exagérée finit par nuire car elle ennuie. Pour éviter cela il faut introduire l’entropie, le désordre pour attirer à nouveau l’attention.

Shannon et Weaver distinguent 3 types de problèmes de communication :

  • Les problèmes techniques qui concernent l’exactitude du transfert des séries de symboles, en fonction du canal, de l’espace et du temps, depuis l’émetteur jusqu’au récepteur.
  • Les problèmes sémantiques qui concernent l’identité (ou une approximation suffisamment proche), entre l’interprétation du récepteur et l’intention de l’émetteur. Il s’agira de s’assurer que les images, les représentations de l’objet convoyé sont les plus proches possibles, pour l’émetteur et le récepteur.
  • Les problèmes d’efficacité concernent le succès avec lequel la signification transportée jusqu’au receveur, provoque chez lui la conduite désirée. " (Sciences de l’information et de la communication, Daniel Bougnoux).

En conclusion on dira :

  • qu’on peut mesurer mathématiquement la quantité de l’information
  • qu’on peut faire un rapprochement avec les principes de la thermodynamique
  • qu’il y a un rapport entre l’information et l’entropie/néguentropie
  • que in-former c’est lutter contre le chaos
  • qu’on peut utiliser les probabilités : l’information c’est l’improbable ou le surprenant.

Les interrogations actuelles

Les courants fondateurs que nous venons de voir ont suscité des interrogations.
En effet depuis 1980 on peut distinguer deux dynamiques interdisciplinaires.
La première cherche à élargir les références théoriques dans la promotion de l’interdisciplinarité (sociologie, philosophie, physique) mais on arrive peu à peu à une confusion intellectuelle car certains en profitent pour récupérer la communication au profit de leur discipline. De plus toutes les positions sont différentes d’un pays à l’autre.

La deuxième s’interroge de faêon critique sur la composante idéologique de la communication (information, rôle des médias) : voir chez Breton " L’utopie de la communication " et chez Debray " Cours de médiologie générale ". De plus en plus dans les entreprises et les lycées, on réfléchit sur la représentation mentale, la gestion mentale ; mais à quelle fin ? Aujourd’hui : cinq questions se posent à l’aube du XXIe siècle :

  1. à quelles limites se heurtent les théories générales de l’information et de la communication ?
    Les théories générales sont des problématiques partielles ; elles sont guettées par le réductionnisme (pour les linguistes toute la communication repose sur le langage).
  2. Rapports entre information et communication (interpersonnelle)
    Philosophes et sociologues nous invitent à distinguer entre informer, communiquer et savoir.
    L’information n’est qu’un chapitre de la communication qui combat l’incertitude (dans l’information il n’y a pas de feed-back qui aurait une action sur le déroulement).
    On impute les dérives de l’information à la communication (voir Mattmart, Histoire des idées et des stratégies). L’information et la communication ont une destinée liée depuis les sociétés de l’Antiquité même si les supports de la communication ont évolué (voir Eisenstein, La révolution de l’imprimé en Europe), en fait les deux notions sont indissociables.
  3. L’interdisciplinarité est-elle préférable au repliement disciplinaire ?
    On communique avec des apports scientifiques, artistiques, etc.
    Aux USA, en Espagne, au Canada la communication est enseignée, en tant que matière propre, dans les Facultés depuis 40 ans, en France depuis 20 ans. En Allemagne, en Italie, elle ne figure que pour une petite partie aux programmes de philosophie et de sociologie.
  4. Il y a-t-il une spécificité des sciences de l’information et de la communication ? Est-ce vraiment une science ?
    Elles figurent de plus en plus dans toutes les disciplines :
    • production de message et de sens face aux dispositifs techniques. Il y a un message, il y a un sens mais ce sens est différent selon l’émetteur, les techniques employées...
    • insertion sociale des techniques (vidéo, Internet, minitel) comment les intégrer ?
    • conception et réalisation des messages
    • étude des processus de médiation (il y a des spécialistes de la médiation) : il faut éviter les rapports de force.
  5. Sommes-nous dans une société de l’information ou de la communication ?
    D’après Daniel Bell, nous sommes dans une société post-industrielle où le secteur tertiaire est devenu dominant. En conséquence l’information joue un rôle plus important que la communication, mais celle-ci tend de plus en plus à prendre le dessus. En effet :
    • on l’enseigne
    • il y a des formateurs
    • elle est inscrite dans les manuels
    • elle est entrée, il y a une dizaine d’année dans les entreprises : pour mieux vendre (service commercial) et pour mieux recruter (service des ressources humaines : on recrute sur les qualités humaines plus que sur le profil du vendeur)
    • on cherche à faire en sorte que, dans les équipes, il n’y ait plus que des "communicants".

 

les concepts de base de la communication

viens du latin « comunicare » (XIVème siècle)
Veut dire être en commun ou être en relation avec (qquechose).

Concepts de base de la communication

Ce qui passe : l’information

Un évènement est composé de personnages, de lieux et de dates, et il faut qu’il y ai un fait.
Différence entre un fait et une donnée : un fait est une action dont tout le monde n’est pas au courant et une donnée est connue par tout le monde.
Pour passer du fait à la donnée, il faut qu’il y ai une transformation, qui passe par l’intermédiaire d’une codification

Les différentes caractéristiques de la communication

  • Un émetteur et un récepteur
  • Un message à transmettre
  • Un canal de transmission
  • Codification
  • Effet retour (feed back ou retro action)

Model de Lasswell (1948)

Modèle de Lasswell

Ce qui se passe : la relation

Modèle relationnel
Modèle relationnel
deux niveaux de communication : le contenu et la relation en tant que telle, ce qui se passe entre les interlocuteurs.

Les fonctions de la communication

Théorie de Jacobson :

  1. expressive : centrée sur l’émetteur
  2. conative : centrée sur le récepteur
  3. référentielle : axée sur le contexte de la communication
  4. phatique : axée sur le canal de transmission
  5. métalinguistique : axée sur la codification et les signes utilisés
  6. poétique : axée sur l’esthétique de la communication

♠ne pas confondre :
cognitif : fait appel à la connaissance
conatif : faire agir

les moyens de la communication

les médias et leur support

Les Médias Hors médias
Presse, radio, télévision, Internet, affichage, cinéma Sponsoring, parrainage, mécénat, bouche à oreille, salon, foires, journées portes ouvertes, soldes, relations publiques, prospectus...

Un média est composé d’un ensemble de supports

La théorie de l’information s’occupe des systèmes de communication et de leur efficacité.
Fisher : L’informatique permet la transmission et le transport des informations

 

La communication vue sous un angle théorique

Les principaux types de communication

  • La communication interpersonnelle : un échange entre un émetteur et un récepteur.
  • Communication de masse : un émetteur transmet des informations a plusieurs récepteurs.
  • Communication de groupe : transmission d’information a l’encontre d’une certaine catégorie de personnes

Modèles de communication

Modèle de Shannon et Weaver

On ne peut pas transposer ce modèle a toutes les formes de communication.

Schéma de Lasswell

Pionnier de la communication de masse : qui dit quoi a qui par quel canal avec quels effets ?
Il s’occupe plutôt de l’influence et persuasion

Modèle de Riley&Riley

Dans ce modèle, on considère l’appartenance des individus a un groupe. L’émetteur s’appelle alors communicateur. Le récepteur garde son nom mais doit être approfondi pour son groupe d’appartenance. Laisse une grande part au feed-back (réciprocité).
Est à l’origine des travaux de la communication de groupe

Modèle de Jakobson

Linguiste d’origine russe, va porter ses recherches sur le message lui-même

Modèles issus des réseaux informatiques

3 phases

quelques compléments


cybernétique Empirico-fonctionnalisme linguistique pragmatisme
Les idées Informations circulaires, système tend à l’équilibre, informations conçues pour un système ouvert. Médium=message, info dépendante du contexte de réception La signification d’un message repose sur une infinité de signes, qui forment un système analysable et codé. Construction permanente d’un cadre
Communication=scientifique
On ne peut pas communiquer
Meilleure communication : méta communiquer
Les limites Préoccupation sur l’échange quantitatif plutôt que le sens. analyse qualitative négligée au profit analyse quantitative étude privilégie langue par rapport sujet
Dissociation écrit oral
Communication= fin, pas moyen
Trop d’attention au comportement
Les applications - échanges scolaires
- Outils interactifs
- Intelligence artificielle
- Introduction de la raison et du calcul dans les relations.
- Publicité (étude de l’audience
- Audimat)
- Propagande
- Segmentation des publics.
Fonctions du message, argumentaires, discours - Idéologie de la communication
- Méthodologie du changement (thérapie familiale)
- Projet
- Gestion des ressources humaines.
Les mots clés Système, interaction, rétroaction, entropie, circulation, homéostasie Mass média, communication, pouvoir, influence, réception du message. Système, code, langage, signe, référent, signifiant, signifié, signification. Digital, analogique, comportement, sens, interaction, énonciation, contexte, cadre, cadrage, double bind.
Définition La cybernétique ce sont des machines capable d’analyser et d’avoir un comportement C’est l’étude de la communication de masse, et des médias de masse La langue : un système complexe
Liaison signifiant/signifié
Langue par convention culturelle
le langage n’a pas qu’une fonction de vérité mais aussi une fonction pratique

Les caractéristiques des nouveaux médias

Ils sont issus des nouvelles technologies (NTIC ou TICE), ils supportent des informations numérisées, pour satisfaire des besoins d’interactivité.
Il y a trois domaines techniques qui vont coexister :

  • la télécommunication
  • l’audiovisuel
  • l’informatique : télématique + multimédia

il existe quatre phénomènes :

  • diffusion massive des savoirs et savoirs faire
  • industrialisation et à la commercialisation
  • accélération des innovations technologiques
  • familiarisation rapide avec les nouvelles technologies

multimédia : support technologique de stockage qui intègre sur un même support des images fixes et/ou animées, des sons, des textes, des vidéos... le tout sur un écran, et qui présente un certain niveau d’interactivité, permettant par la suite la diffusion